Amygdale, Amygdalectomie

Les amygdales palatines sont des organes lymphoïdes, partie intégrante de l'anneau de Waldeyer qui comprend de haut en bas :

 

les végétations adénoïdes, situées en arrière du voile du palais, sur la paroi postérieure du rhinopharynx

 

Les amygdales palatines, situées de part et d'autre de l'oropharynx

 

Les amygdales linguales, situées sur la base de la langue.

 

Lorsque l'on ouvre la bouche, seules les amygdales palatines sont visibles 

 

oropharynx

 

Les organes lymphoïdes de l'anneau de Waldeyer sont chargés de la fabrication de certains anticorps dans les premières années de la vie. Normalement les amygdales, comme les végétations, involuent au cours de la croissance, c'est à dire diminuent progressivement de volume. Elles ne sont alors presque plus visibles.

 

Leurs stimulations excessives, lors de l'acquisition immunitaire initiale de l'enfant  jusqu'à l'âge de 8 ans,  peut parfois aboutir à une hypertrophie, ou une infection chronique, responsable alors d'une pathologie propre :

 

Adénoïdite chronique et pathologie de l'oreille moyenne avec otites récidivantes ou chroniques (voir chapitre sur les otites séro-muqueuses)

Amygdalites récidivantes ou chroniques, hypertrophie pouvant aboutir à des diffultés respiratoires chez l'enfant, comme chez l'adulte parfois.

 

Ainsi les principales indications de l'amygdalectomie découlent de cette évolution défavorable, et aujourd'hui 3 principales raisons permettent de proposer leur ablation :

 

Des infections des amygdales, qui augmentent de volume, deviennent rouge avec parfois des points blancs, et qui récidivent rapidement dès l'arrêt du traitement. On considère que plus de 5 ou 6 amygdalites (angines) dans l'année peuvent justifier leur ablation. Mais finalement cette situation est assez rare chez l'enfant, on la rencontre plus souvent chez l'adulte dont les amydgales sont en réalité constamment infectées, avec des poussées aigues de temps en temps.

 

L'hypertrophie importante des amygdales est souvent la principale raison qui justifie leur ablation chez l'enfant.

 

Comment la reconnaître ? Il existe des signes qui sont évocateurs :

 

Le ronflement quotidien et systématique, les réveils nocturnes, les cauchemars, l'énurésie parfois, la constatation par l'entourage d'apnées du sommeil.

 

Ces difficultés respiratoires nocturnes ont des conséquences importantes sur le développement et la croissance de l'enfant, fatigué le matin, agité dans la journée, qui s'alimente mal, n'est pas concentré à l'école. Tous ces signes, associés à la constatation d'amygdales volumineuses, éventuellement accompagnés d'une respiration exclusivement buccale faisant suspecter une hypertrophie concomittante des végétations, permettent de poser l'indication d'amygdalectomie.

 

Mais cette indication repose avant tout sur l'examen par un spécialiste qui vous proposera alors cette intervention.

 

La suspicion d'une maladie hématologique  , type lymphome, ou d'un cancer de l'amygdale (essentiellement chez l'adulte) est une éventualité heureusement beaucoup plus rare nécéssitant une ablation pour analyse histologique.

 

Quelle que soit la pathologie qui puisse conduire à cette intervention, seul le spécialiste ORL pourra prendre la responsabilité de vous proposer cette chirurgie. Il faut en effet établir le bénéfice de la chirurgie par rapport aux risques encourus. Le principal de ces risques est constitué par le saignement post-opératoire qui peut survenir dans 1% des cas, quelque soit la technique utilisée, jusqu'à 15 jours après l'intervention.

 

technique opératoire

 

Lorsque la chirurgie est indiquée, l'intervention se déroule sous anesthésie générale. L'intubation pour faire respirer pendant l'intervention se fait par le nez pour ne pas gêner le geste opératoire dans la bouche.Un ouvre bouche avec abaisse langue incorporé est positionné de manière à dégager l'oropharynx

 

Le premier geste, lorsqu'il est indiqué, est l'ablation des végétations qui se situent derrière le voile dans le cavum

 

Il existe plusieurs techniques, celle que nous utilisons est la technique par dissection. Personnellement nous la pratiquons aux ciseaux, avec coagulation progressive des petites artérioles qui vascularisent l'amygdale, à l'aide d'une pince bipolaire. Pendant l'intervention l'anesthésiste, s'il n'y a pas de contre-indication, administre des corticoïdes, qui seront renouvelés le soir de l'intervention et le matin pendant 5 jours. L'association d'une dissection sans brûlure excessive, et de corticoides diminuent considérablement la douleur post-opératoire notamment chez l'enfant. L'utilisation de la corticothérapie n'a pas fait l'objet d'une preuve irréfutable de son efficacité sur la douleur dans les études scientifiques, mais est préconisée par la société française d'anesthésie réanimation, car elle diminue le vomissement post-opératoire.

 

suites opératoires

 

La surveillance post-opératoire est , pour nous, de 8h à 24 heures selon les circonstances. Le principal risque étant le saignement. Mais en réalité ce risque existe pendant 8 à 15 jours après l'intervention quelle que soit la technique employée. Lorsque certaines conditions sont réunies :

 

                  - proximité du domicile, (en règle moins d'une heure de trajet)

                  - possibilité de surveillance à la maison et de transport à la clinique en cas de problème

                  - accord des parents

                  - Alimentation orale possible, sans vomissement

                  - douleur maitrisée

                  - absence de saignement ou de caillot présent dans les loges amygdaliennes : cela suppose que l'enfant soit impérativement vu par l'ORL avant sa sortie

 

nous proposons cette intervention en ambulatoire, en donnant des consignes strictes permettant d'agir rapidement en cas de saignement. 

 

Le principal souci après le risque de saignement est la douleur. Des médicaments vous auront été prescrits préalablement pour lutter contre celle-ci. Il faut savoir que souvent cette douleur se réveille lors de la déglutition et du repas, il faut donner les antalgiques 1 heure avant le repas pour qu'ils soient efficaces au bon moment. Au 5ème ou 6 ème jour peuvent apparaître des douleurs dans les oreilles. Il ne s'agit pas d'une otite le plus souvent mais de douleurs réflexes venant de la zone opérée.

 

Regles à respecter après la sortie

 

Sur le plan de la surveillance  

 

Il faut surveiller l'enfant pendant toute la période de convalescence, mais c'est surtout l'existence d'un saignement même minime mais répété qui doit attirer votre attention. Chez le tout petit, le sang est parfois dégluti et le saignement que l'on dit occulte (caché) peut être important. Au moindre doute ne pas hésiter à téléphoner au cabinet pendant les heures ouvrables, et à la clinique le reste du temps et la nuit.

 

Sur le plan alimentaire :

 

Il est conseillé pendant 8 à 10 jours d'éviter les aliments qui "accrochent" type croutes de pain, biscottes, etc... Les aliments acides qui augmentent la douleur (tomates, citron, agrumes en général). Il faut noter que la pomme de terre peut être source de douleur. Les glaces sont très appréciées par les enfants, il ne faut pas les en priver pendant cette période.

 

Sur le plan de l'activité

 

Il est fortement conseillé de laisser l'enfant au calme pendant quelques jours, éviter de sortir les heures chaudes de la journée. Il faut éviter aussi  les activités susceptibles de provoquer une agitation trop importante de l'enfant..

 

Sur le plan administratif

 

Cette intervention est prise en charge par la sécurité sociale. Le tarif de remboursement pour cet acte codé FAFA015 est de 89 euros environ. Le dépassement d'honoraire pour le chirurgien sera compris entre 50 et 75 euros, au maximum, suivant le remboursement de votre mutuelle.

 

 

page mise à jour le 11 décembre 2014

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